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dimanche 1 novembre 2009

Malek Haddad

Malek Haddad est un écrivain algérien d’expression française né le 5 juillet 1927 à Constantine et mort à Alger le 2 juin 1978.

Fils de Slimane Haddad, instituteur à Constantine, c'est dans cette ville que Malek Haddad fait ses études. Il vit la langue française à l’école comme un exil plus fort encore que l’exil : « L’école coloniale colonise l’âme ... Chez nous, c’est vrai, chaque fois qu’on a fait un bachelier, on a fait un Français ». « Il y a toujours eu une école entre mon passé et moi». «Je suis moins séparé de ma patrie par la Méditerranée que par la langue française ».

Lui-même instituteur pendant une courte période, il s’inscrit à la faculté de droit d'Aix-en-Provence mais abandonne ses études après 1954 pour aller travailler comme ouvrier agricole avec Kateb Yacine en Camargue.

Pendant la Guerre de Libération, Malek Haddad collabore à plusieurs revues parmi lesquelles Entretiens, Progrès, Confluents, Les Lettres françaises. Il travaille à la radiodiffusion française et écrit des romans entre 1958 et 1961.

Après 1962 il s'installe à Constantine, collabore à l’hebdomadaire Atlas et à la revue Novembre et dirige de 1965 à 1968 la page culturelle d’An Nasr qui paraît alors en langue française. Chargé de la direction de la Culture au ministère de l’Information de 1968 à 1972, il fonde la revue littéraire Promesses. Il est nommé en 1974 secrétaire de l'Union des écrivains algériens.

Malek Haddad décède des suites d'un cancer le 2 juin 1978 à Alger. Le Palais de la Culture de Constantine porte aujourd'hui son nom. Quoique traduite dans quatorze langues, l'œuvre Malek Haddad demeure relativement peu connue.

Bibliographie

Le Malheur en danger, poèmes, La Nef de Paris, 1956.


L’élève et la leçon, roman, 1960.


Le quai aux fleurs ne répond plus, roman, 1961.

Ecoute et je t’appelle, poésie, 1961, précédé de l’essai Les Zéros tournent en rond.


Alors, toi tu demandes : un ennemi qu’est-ce donc ? Un ennemi c’est un monsieur qui a deux bras et deux jambes comme toi, mais qui croit au printemps que lorsqu’il est inscrit au calendrier. Cette totalité de l’homme dans un drapeau, dans une orange, dans un automne tiède, comme un sein de femme bien aimée, dans tous les gars du monde qui se donneront la main quand ils ne seront plus manchots : Cette totalité de l’homme tu l’atteindras en farfouillant tous les recoins de ton malheur, Promènes-toi au Sahara promène ton Sahara. Fais-en une morale comme une rose des sables. Fais-en quelque chose qui suit une morale et une rose.

La Dernière impression, roman, Julliard, 1958.

Je t’offrirai une gazelle, roman, Julliard, 1959.
ISBN : 2264009047
ISBN-13 : 978-2264009043

L’Élève et la leçon, roman, Julliard, 1960.

Le Quai aux Fleurs ne répond plus, roman, Julliard 1961.
ISBN : 2264009055

Les Zéros tournent en rond, essai, Maspero, 1961.

Écoute et je t’appelle, poèmes, Maspero 1961.

Algériennes, album de photographies, Alger, Ministère de l’Information, 1967.

Si Constantine m'était contée... série d'articles parus dans le journal An Nasr entre le 4 et le 14 janvier 1966.

Malek Haddad laissera également des inédits et des manuscrits inachevés :

Les Premiers froids (poèmes)
La Fin des Majuscules (essai)
Un Wagon sur une île (roman inachevé)
Les Propos de la quarantaine (chronique)

Sur Malek Haddad

Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française 1945-1977, SNED, Alger, 1979.

Jean Déjeux, Dictionnaire des auteurs maghrébins de langue française, Paris, Karthala, 1984.
ISBN : 2-86537-085-2

Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990
ISBN : 2-253-05309-0

Extrait

"Je suis le point final d'un roman qui commence
Non pas oublions tout non pas niveau zéro
Je garde dans mes yeux intacte ma romance
Et puis sans rien nier je repars à nouveau
Je suis le point final d'un roman qui commence
(...)
De mes deux Sahara je ferai des chansons
Je garde dans mes yeux intacte ma romance
Je suis en vérité l'élève et la leçon
(...)
Oh mon Dieu cette nuit tant de nuit dans mes yeux
Maman se dit Ya Ma et moi je dis ma mère
J'ai perdu mon burnous mon fusil mon stylo"

Malek Haddad, Le Malheur en danger, poèmes, La Nef de Paris, 1956 (p. 25).




fr.wikipedia.org - Malek Haddad
www.arabesques-editions.com - Malek haddad, « la langue française est mon exil » Un auteur attaché à ses racines
www.lesoirdalgerie.com - MALEK HADDAD (1927-1978)
Au rendez-vous tourmenté de l'Histoire par Abdellali Merdaci



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