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lundi 12 octobre 2009

Mouloud Feraoun


Mouloud Feraoun est un écrivain kabyle algérien d'expression française né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel en haute Kabylie (Algérie) et victime à Alger le 15 mars 1962, avec cinq de ses collègues inspecteurs de l'Éducation Nationale, de l'assassinat de Château-Royal.

Les victimes étaient :
Marcel Basset, directeur du Centre de formation de l'Éducation de Base à Tixeraine (CSE d'Algérie)
Robert Eymard, ancien instituteur et chef du bureau d'études pédagogiques aux CSE
Mouloud Feraoun, directeur adjoint au chef de service des CSE, ancien instituteur et écrivain
Ali Hammoutène, inspecteur de l'Education Nationale, Directeur adjoint aux CSE et ancien instituteur
Max Marchand, chef de service aux CSE et ancien instituteur
Salah Ould Aoudia, ancien instituteur et inspecteur des centres de la région Alger Est




Mouloud Feraoun rendant hommage à Albert Camus



Tizi Hibel est formé de trois hameaux : Tizi Hibel au centre, Agouni Arous à l’est, et Tagragra, encore appelé le village des marabouts, plus au nord-ouest. Tagragra étant très éloigné et situé à un niveau bien plus bas, c’est Tizi Hibel qui est le plus élevé à 741 m d’altitude ...

www.tizihibel.net

Élève de l'école normale de la Bouzareah (Alger), il enseigne durant plusieurs années comme instituteur, directeur d'école et de cours complémentaire, avant d'être nommé inspecteur des centres sociaux. Feraoun commence à écrire en 1934 son premier roman, Le fils du pauvre. L'ouvrage, salué par la critique obtient le Grand prix de la ville d'Alger. L'écrivain est abattu le 15 mars 1962 à Alger, à quatre jours seulement du cessez-le-feu, par un commando de l'OAS (l'assassinat de Château-Royal).


Le fils du pauvre, Menrad instituteur kabyle, Le Puy, Cahiers du nouvel humanisme, 1950, 206 p.


Résumé du roman " Le fils du pauvre " de Mouloud Feraoun

Premier roman de l'écrivain algérien, Mouloud Feraoun, " Le fils du pauvre " retrace la vie de Fouroulou Menrad, personnage principal du récit.

De dimension autobiographique, ce livre peint l'enfance et l'adolescence de l'auteur dans un village de cette Kabylie montagneuse où il fut tour à tour berger, élève studieux, puis instituteur. Ce n'est pas une histoire quelconque quoi qu'elle retrace une vie très simple de par les gens qui en sont les acteurs.

De parents pauvres, Fouroulou Menrad était tout destiné à être berger mais mu par une forte ambition et des rêves omniprésents, cet homme-enfant luttait sans cesse pour échapper à son destin.

Il était seul à croire en un avenir différent de celui des siens, pourtant très attaché à eux. Il vivait le dur labeur de son père qui subvenait difficilement aux besoins de la famille, la patience à toute épreuve et la générosité de sa mère. Rien ne lui échappait; ni la tendresse d'une de ses tantes, ni la jalousie de l'autre, encore moins l'attachement de ses cousines et le dévouement de ses soeurs. Cette vie belle et dure à la fois telle que nous la raconte Mouloud Feraoun est imprégnée d'émotions, dans une société où l'on respecte les grands, écoute leurs conseils, où l'on protège inéluctablement les petits et les faibles. L'on est pauvre et l'on vit heureux en se battant pour arracher la joie d'une naissance, d'un retour ou même d'un sourire. Les vieux sont là pour y veiller. On apprend avec Fouroulou et les siens à vivre unis et solidaires, à tout partager.

Il ne tenait même pas rigueur à ses parents de ne pas s'emballer face à ses progrès scolaires. Cette bourse qui tardait à venir, n'était-ce pas une force de son destin lié à ceux de tous les villageois ? Mais son but à lui était de réussir et de prouver aux autres qu'il pouvait ne pas rester berger.

Mouloud Feraoun écrit comme il parle, décrivant sa Kabylie natale comme un autre l'aurait fait pour sa propre maison. Tout y est : les moeurs et coutumes, les personnages, les costumes et surtout les paysages magnifiques qu'il réussit à rendre anodins avec cette note particulière qui congédie les touristes avec des excuses voulant dire ceci : Là c'est chez moi, rentrez chez vous ...

Ce livre fut publié en 1950 dans une Algérie colonisée.

La terre et le sang, Paris, Seuil, 1953, 256 p.


Résumé par Sylvie

La terre et le sang met en scène un jeune villageois, Amer, qui émigre dans le nord de la France pour se faire embaucher dans les mines. Là-bas, il rejoint la petite communauté kabyle de son village ainsi que son cousin. Ce dernier est l’amant de sa logeuse. Un jour, un tragique accident survient au fond de la mine : une charrette de charbon écrase le cousin dans son sommeil. Est-ce un tragique accident ? A-t-il été provoqué par le mari jaloux de la logeuse ? Amer fuit la mine sans avoir défendu l’honneur de son cousin ... Quelques années plus tard, il tomba amoureux de Marie, la fille illégitime de son ex patronne et de son cousin et l’épouse pour se dédouaner de sa faute ... Il décident tous les deux de rentrer au pays. Mais là-bas, les attendent les proches du cousin qui n’ont pas oublié sa mort. Y aura t il vengeance pour défendre l’honneur du mort ?

Cette histoire d’honneur est doublée d’un récit sur la descendance et sur l’adultère : Slimane qui désire au début venger la mort de son oncle découvre qu’il est stérile; sa femme, Chabha tourne de plus en plus autour d’Amer ...
Ce roman porte magnifiquement son titre : les kabyles sacralisent la terre qui est un bien que l’on transmet de génération en génération ; les couples doivent être fertiles pour transmettre cette terre. Le sang est celui de la famille et aussi celui de la vengeance ...

Tout au début annonce la tragédie sanglante : lorsque Amer est accueilli, on sent la rancœur, même si elle s’apaise au fil du roman. Mais on sent que le destin est en marche. Tout tourne autour de l’exacerbation des passions.

Ce livre met en scène l’honneur tribal des différentes familles : chacune au coin de la rue défend son nom, ses ancêtres, son histoire. Cela exacerbe les conflits car il n’y a pas de communauté villageoise unifiée. Feraoun nous fait découvrir avec brio les coutumes de sa Kabylie natale. Il met également en relief les difficultés des immigrés lorsqu’ils retournent au pays; ces derniers sont souvent considérés comme des bourgeois arrivistes ou des traîtres ...


www.afrik.com - Résumé par Olivier Zegna-Rata

Il y a le mythe Mouloud Feraoun, et il y a l’écrivain. Le mythe, c’est celui qu’a construit l’OAS en croyant l’abattre, avec cinq de ses collègues des centres sociaux créés par Germaine Tillion, ce sombre 15 mars 1962. L’écrivain, c’est ce parfait artisan de la plume qui a donné à son pays, avec une tendresse et une attention étonnantes, quelques-unes de ses plus belles pages de littérature francophone.

" Dieu le fracas que fait un poète qu’on tue " : ce vers d’Aragon vaut pour Mouloud Feraoun. Quelques mois plus tard, dans une Algérie définitivement indépendante, Ferhat Abbas baptisera " Mouloud Feraoun " le centre socio-culturel de Sétif ...

Lorsque Mouloud Feraoun et Charles Brouty écrivent " Jours de Kabylie ", ce ne sont pas à des images de sang qu’ils nous convient. Ce sont des images de paix, la marche lente d’une population rurale et pauvre, le recommencement des jours et des générations, les jeunes, les vieux, les femmes, les hommes, la place publique autour de laquelle s’organise la vie locale (la Djemaâ), la fontaine où les jeunes filles vont puiser l’eau, le rôle et la place du Cheikh, que les Kabyles respectent tout en le tenant un peu à l’écart, avec un fond libre-penseur et un goût permanent pour la liberté qui les conduit à se défier de tout ordre qu’on voudrait leur imposer.

Remarquables, les descriptions du marché, au bourg situé à quelques kilomètres du village, les marchandages, les stratégies. Formidable le chapitre sur les vieilles femmes qui rapportent, voûtées, le bois du foyer, et rafraîchissant celui sur les bergères, décrites par leurs chèvres ... En fait, par un kaléïdoscope savant, c’est tout un monde qui ressurgit, un monde lumineux d’humanité et de soleil, encadré par ses traditions et emporté dans une mutation historique sans précédent. Émouvant à ce titre l’ultime chapitre, où Mouloud Feraoun revient sur son rôle d’instituteur en Kabylie, revenu enseigner, apporter le savoir, dans ce village dont il est issu ...

Que penserait, qu’écrirait Mouloud Feraoun des déchirements contemporains de l’Algérie ? Inutile d’y songer, son parcours s’est arrêté, dans la tragédie, à quelques jours des accords d’Evian. Mais nul doute que sa parole de juste nous reste précieuse aujourd’hui.

Les chemins qui montent, Paris, Seuil, 1957, 222p.






Mouloud FERAOUN, L'Ami Fidèle (1ère partie)


Mouloud FERAOUN, L'Ami Fidèle (2ère partie)


Mouloud FERAOUN, L'Ami Fidèle (3ère partie)


Mouloud FERAOUN, L'Ami Fidèle (4ère partie)


www.ldh-toulon.net
Wikipedia.org - Assassinat de Château-Royal
Wikipedia.org - Mouloud Feraoun
Wikipedia.org - Ali Hammoutène

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