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dimanche 4 octobre 2009

Tahar Ben Jelloun

Je suis né à Fès le 1er décembre 1944.
J'ai fréquenté d'abord l'école coranique du quartier, ensuite, à 6 ans je suis entré à l'école primaire franco-marocaine bilingue. Le matin l'enseignement était donné en français, l'après midi en arabe. L'école était dirigée par un Français.
En 1955, mes parents déménagent à Tanger où je rejoins avec mon frère l'école primaire du détroit où je passe le certificat d'études primaires.

En 1956, j'entre au lycée Ibn Al Khatib. Enseignement à majorité francophone.
Après le brevet je passe au lycée français Regnault où j'obtiens mon baccalauréat en 1963.
A Rabat, études de philosophie.

23 mars 1965 : manifestations d'étudiants et de lycéens dans les grandes villes du Maroc. Répression, arrestations.

Juillet 1966 : Mes études de philosophie sont interrompues; je suis envoyé dans un camp disciplinaire de l'armée (à El Hajeb puis à Ahermemou dans l'Est du Maroc) avec 94 autres étudiants soupçonnés d'avoir organisé les manifestations de mars 65.
Je suis libéré en janvier 1968 et je reprends mes études.

Octobre 1968 : je rejoins mon premier poste d'enseignant au lycée Charif Idrissi à Tétouan où je suis le premier professeur de philo dans cet établissement.
Je publie la même année mon premier poème "l'Aube des dalles" dans le revue "Souffles" écrit en cachette dans le camp disciplinaire.

Octobre 1970 : je suis muté au lycée Mohamed V à Casablanca. J'ai peu enseigné durant cette année à cause des grèves des lycéens.
Les éditions Atalantes, rattachées à Souffles que dirigeait le poète Abdellatif Laabi publient mon premier recueil de poésie "Hommes sous linceul de silence" préfacé par Abraham Serfaty.

Juin 1971, un communiqué du ministère de l'intérieur annonce qu'à partir de la rentrée de 71, l'enseignement de la philo sera arabisé. N'étant pas formé pour cela je demande une mise en disponibilité au ministère et décide de venir à Paris pour faire une thèse de troisième cycle en psychologie. Une association caritative française me donne une bourse de 500 FF par mois.
J'arrive à Paris le 11 septembre 1971. J'habite à la Cité universitaire internationale au pavillon "Maison de Norvège".
Grâce à François Bott, adjoint de Jacqueline Piattier directrice du Monde des Livres, je publie mon premier article dans Le Monde le 19 juin 1972 "Technique d'un viol" (contre Paul Bowles).

Cicatrices du soleil, receuil de poésie est publié en 1972 par François Maspero, dans la collection "Voix", dirigée par Fanchita Maspero.

A partir de 1973, je deviens collaborateur-pigiste du journal Le Monde, rattaché au service Livres.

Septembre 1973 : "Harrouda" mon premier roman est publié par Maurice Nadeau chez Denoël (Lettres Nouvelles). Il jouit du prestige lié à la personnalité de Nadeau. Je reçois des lettres de Roland Barthes, de Samuel Becket.


Décembre 1974, le directeur du Monde, Jacques Fauvet m'envoie faire un reportage sur le pèlerinage à la Mecque. Une série de trois articles sera publiée début janvier 75.


Juin 1975 : je soutiens une thèse en psychiatrie sociale à la faculté de Jussieu; sujet : "problèmes affectifs et sexuels de travailleurs nord-africains en France". Dans l'assistance, Jean Genet que je venais de connaître. A partir de cette thèse j'écris "la plus haute des solitudes". Le manuscrit sera refusé par la plupart des grandes maisons d'édition à Paris. Le Seuil accepte de le publier à condition que je m'engage à lui donner mes prochains romans. Après "Harrouda", Maurice Nadeau publie mon deuxième roman "La réclusion solitaire" toujours chez Denoël. Je suis sous contrat chez cet éditeur. Nadeau s'en va ; par solidarité je refuse de continuer à être édité par Denoël. Je fais partie d'un comité de soutien à Nadeau où sont réunis la plupart des écrivains qu'il a édités comme Georges Pérec, Angelo Rinaldi, Hector Bianccioti, etc.

"La plus haute des solitudes" connaît un succès surprenant. Le Seuil devient mon unique éditeur.

1976 : "les amandiers sont morts de leurs blessures" Poésie, Maspero.


1976 : Maspero publie "La mémoire future", anthologie de la nouvelle poésie du Maroc (arabophone et francophone), préparée avec Mohamed Berrada. Cette anthologie devait paraître aux éditions Sindbad. Son directeur, Pierre Bernard, qui était aidé financièrement par l'Algérie renonce à ce projet. Depuis que cet ouvrage a été épuisé, je n'ai pas voulu le rééditer, vu qu'il m'a causé un certain nombre d'inimitiés dans le milieu des poètes.

1978 : "Moha le fou, Moha le sage", Roman, le Seuil.


1979 : décès de Pierre Viansson-Ponté, de la direction du Monde; mon maître en journalisme, devenu ami et protecteur. Sans lui beaucoup de mes textes n'auraient jamais été publiés.

1980 : "A l'insu du souvenir", Poésie, Maspero.


1981 : "La prière de l'absent", Roman, Seuil.
(j'avais perdu les trois premiers chapitres de ce livre; pour pouvoir les retrouver par la mémoire, je me suis remis au même endroit et dans les mêmes conditions pour écrire).


1983 : "l'écrivain public", Récit autobiographique, Seuil.


1984 : "Hospitalité française", essai sur le racisme en France; accueil mitigé par la presse et certains libraires; le titre est provocant et les deux premières pages du livre sont jugées sévères pour la France; j'y énumère les crimes racistes sur un an et demi.
Une édition revue et corrigée sera publiée en 1997.


1984 : "la fiancée de l'eau" suivi de "entretiens avec M. Saïd Hammadi, ouvrier algérien", théâtre, Actes Sud.
Antoine Vitez met en scène au théâtre Chaillot "entretiens..;" "Le fiancée de l'eau" sera créé par G. Tordjman au théâtre de l'Est à Metz.


1985 : "l'enfant de sable", Roman, Seuil.


1987 : "La nuit sacrée", Roman, Suite de "l'enfant de sable", Seuil.
Prix Goncourt.
Durant l'année de tournée de promotion du Goncourt, j'ai tenu à continuer à écrire.


1990 : "Jour de silence à Tanger", Récit consacré à la vieillesse de mon père; il meurt une année après la parution du livre.


1991 : "Les yeux baissés", Roman, Seuil.
Grâce à Chantal Lapique, ce livre reçoit le Prix des Hémisphères décerné en Guadeloupe.


1991 : "Alberto Giacometti", Essai, Flohic.
ce livre sera republié par les mêmes éditions sous un autre titre "La rue d'un seul". Après le dépôt de bilan de cette maison d'édition avec laquelle j'étais en procès pour récupérer mes droits, le livre sera réédité en 2003 par le Seuil.

1991 : "La remontée des cendres", Poème, Édition bilingue, français-arabe, texte sur les victimes anonymes de la guerre du Golfe.


1992 : "L'ange aveugle", Nouvelles, Seuil.
Ce livre rassemble des nouvelles publiées par le quotidien de Naples Il Mattino qui m'avait demandé de voyager en Sicile pour écrire des textes de fiction à partir des méfaits de la Camorra et de la Mafia.


1994 : "L'homme rompu", Roman, Seuil.
Roman qui m'a été inspiré par la lecture de "Corruption" de l'écrivain indonésien Pram. Pour reconnaître ce que je lui dois, je lui propose de la faire bénéficier d'une partie des droits de cet ouvrage. Il m'écrit une belle lettre pour me remercier.


1994 : "La soudure fraternelle", Récit sur l'amitié.

1995 : "Poésie complète", Le Seuil a rassemblé l'ensemble de mes livres de poésie en un seul volume.

1995 : "le premier amour est toujours le dernier", Nouvelles, Seuil.


1996 : "Les raisins de la galère", Roman.
C'est mon ami Eric Orsenna qui m'a demandé d'écrire un court texte pour les adolescents dans sa collection "Libre".


1997 : "La nuit de l'erreur", Roman, Seuil.
J'ai mis plus de quatre ans à écrire ce livre et j'ai dû le réécrire trois fois.


1998 : "le racisme expliqué à ma fille", Essai, Seuil.
Ce livre est né des questions que me posait ma fille Mérième. Je ne pensais pas le publier. Traduit en 25 langues dont les langues siswati, ixiXhosa et afrikaans.





1999 : "l'auberge des pauvres", Roman, Seuil.
Roman sur l'Italie et les ravages de la passion ; c'est en visitant Naples que j'ai découvert le bâtiment l'albergo di poveri; j'ai imaginé une histoire dans ses sous-sols. Pironti, un ancien boxeur qui fait de l'édition, s'empare de l'édition française, la fait traduire et la publie sans contrat. Le livre paraît quelques mois plus tard chez mon éditeur Einaudi. Procès pour piraterie ; je suis poursuivi par Pironti pour diffamation parce que je l'ai traité de "voleur et de pirate".
Rupture avec mon ami et traducteur Egi Voletrrani qui a joué un double jeu dans cette affaire et qui est responsable de mes problèmes avec Pironti.


2000 : "Cette aveuglante absence de lumière", Roman, Seuil.
Ce livre a suscité une polémique dans la presse française et marocaine. Il a été l'occasion pour un certain nombre d'adversaires politiques ou d'ennemis cachés ou déclarés de m'attaquer.


"L'islam expliqué aux enfants", Seuil


"Sur ma mère" de Tahar Ben Jelloun, Roman, Gallimard.
Prix Goncourt en 1987 pour ''La Nuit sacrée'', Tahar Ben Jelloun revient avec un texte très personnel intitulé ''Sur ma mère''.





EdGallimard — 26 février 2008 — Voir tout l'entretien sur le site des Editions Gallimard (Gallimard, 2008)

Tahar Ben Jelloun revient avec un texte très personnel intitulé Sur ma mère (Gallimard). Il signe avec cet opus un récit poignant. Il raconte comment, alors qu'elle était gravement malade et s'apprêtait à mourir, sa mère lui a raconté un pan de l'histoire de sa famille qu'elle n'avait révélé à personne jusqu'alors.

L'auteur revient sur les dernières années de sa vie, en même temps qu'il invite ses lecteurs à un voyage au travers du Maroc, au fil du récit de sa mère.

Tahar Ben Jelloun est né à Fès en 1944. Étudiant en philosophie, il participe aux manifestations de 1965 et se retrouve interné. Une fois libéré, il devient professeur de philosophie et publie ses premiers poèmes.
Devenu collaborateur du journal Le Monde, il sort son premier roman, Harrouda. Il devient célèbre avec son roman L'Enfant de sable en 1985. Deux ans plus tard, il obtient le prix Goncourt avec La Nuit sacrée, la suite de cet opus. Les deux ouvrages ont été traduits dans 43 langues.

Depuis, il publie régulièrement ses ouvrages. Partir, son dernier roman, est sorti en 2006. L'un de ces derniers ouvrages, Le Racisme expliqué à ma fille, traduit dans 33 langues, est devenu un grand succès de librairie en France et dans de nombreux pays.


Tahar Ben Jelloun a accepté hier de répondre à quelques questions en sortant du studio de BFM-TV, après l'interview de Jean-Jacques Bourdin.
Publiée le : 23/12/09





www.taharbenjelloun.org
fr.wikipedia.org - Tahar Ben Jelloun
www.bibliomonde.com
www.aufildemeslectures.net
www.espiegle.org - L'interview : Le racisme expliqué à ma fille
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